L’humiliation, et moi qui reste plantée là

Entre la santé qui déconne, les finances qui sont rouges écarlates, le moral qui ne suit pas, se rajoute le boulot.

Oui je sais, je suis particulièrement jouasse en ce moment. Même mes pressions de gel estreva pour mamie pausée ont un effet limité.

Je l’avais déjà évoqué à plusieurs reprises, j’ai un accord du ministère de la santé à Paris pour une mutation mais ma structure d’accueil ne veut pas me laisser partir. J’ai eu il y’a peu la confirmation écrite de ma future cheffe de bureau (celle que je remplace qui vient d’être promue) que quoi qu’il arrive j’arrive au 12 mai. La confirmation a consisté en une seule phrase et je n’avais aucun autre détail.

J’en informe ma direction par mail. Il faut dire que depuis ma demande personne ne daigne venir me voir dans mon bureau, tout juste un bonjour rapide et poli dans les couloirs … Ambiance.
Le chef à trois plumes me convoque dans son bureau.

Je viens. Il me balance que l’assistante sociale l’a contacté pour lui parler de ma situation complexe au niveau médical (avec l’impossibilité de conduire à cause de mon épilepsie) qu’au niveau financier avec les coûts que les transports en commun en zone rurale et l’éloignement du travail de mon viking entrainent. Et le fait d’être à bout psychologiquement et physiquement aussi.
Il me dit aussi qu’il est au courant que j’ai contacté les syndicats.

Il me sort qu’il est prêt à me laisser partir dès que possible sans contrepartie et qu’il a toujours été d’accord pour cela. Je n’ose pas lui dire que je sais qu’il n’a pas répondu aux mails du ministère, qu’il a envoyé la DRH me dire que ma mutation ne sera actée que lorsque le principe de mon remplacement sera acté. J’ai des preuves écrites. Que c’est pour ça que je me suis démenée pour avoir des conseils et du soutien. Que s’il était vraiment d’accord, on n’en serait pas arrivé là. Mais je n’ose pas lui dire. Je suis figée. Je dois même rougir. Comme si j’avais fait une bêtise. Je m’écrase devant son assurance.

En sortant de son bureau je l’entend dire à quelqu’un « ouai Lananoutte je l’cassée, vlan ». Le pire c’est qu’il dit ça à la fin de pas mal d’entretiens. Il est le pur produit de la société qui valorise encore et toujours ces males alpha typiques (en tout cas dans mon domaine d’activité).

Ce que j’ai su après c’est que ce n’était pas par générosité. Il avait obtenu mon remplacement et j’avais obtenu un avis favorable de la CAP (pour les non fonctionnaires, l’organisation paritaire qui rend des avis sur les demandes de mutations). Il ne pouvait donc pas s’y opposer. Il le savait. Il a voulu se jouer de moi. Ce qui lui importait c’était d’avoir le dessus. Je me suis humiliée. Encore plus faible qu’avant. Je me repasse cette scène en boucle.

Aujourd’hui pour la première fois au boulot j’ai du non à quelqu’un. J’avais envie de lui dire que c’était un boulet, que déjà que je faisais son travail à sa place elle n’allait pas en plus se plaindre. Et je me sens encore plus nulle, car je passe mes nerfs sur les autres. Un peu comme l’autre alpha male à la con.

 

4 réflexions sur “L’humiliation, et moi qui reste plantée là

  1. C’est pas évident ce genre de situation. Maintenant que tu sais que tu pars. Tu pourras avant ton départ remettre les point sur les i avec ton chef à la con. Cela ne servira à rien mais au moins tu sais que tu lui aura dis ce que tu as sur le coeur. Puis faut reprendre confiance en toi et tu verra que ton verre n’est pas à moitié vide. C’est le monde du travail qui est comme ça, tu es dans un environnement hostile tu t’adaptes. Essaye de mettre ca de côté, « ne plus y penser, pour le boulot aussi c’est pas évident 😑. Courage ma belle tous ira mieux.

    Aimé par 2 personnes

    1. Ah ne plus y penser, si seulement c’était possible ;). Mais ne pas trop y penser c’est déjà une belle victoire !
      Merci pour ton soutien, je pense que j’arriverai bien mieux à me reconstruire dans mon nouveau poste

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  2. Je crois que ça nous est déjà arrivé à tous ce genre de situation… je suis du style longue à la détente et je pense toujours aux meilleures répliques après la guerre. Le temps a pourtant joué en ma faveur, j’ai appris pas plus tard qu’hier que la femme qui m’a pourri 3 ans de carrière en s’auto-proclamant DRH sans aucun diplôme dans mon ancienne boite (elle était juste la femme du patron) est aujourd’hui serveuse dans un bistrot minable (la boite a fait faillite et ils ont divorcé)…
    Je te raconte pas ma tête quand j’ai appris ça :-p

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