Accepter de prendre le temps d’arrêter de fuir, pensées pré RDV Hope

Ca fait quelques jours que l’idée trotte dans ma tête. Je suis à bout de souffle, je n’ai plus envie de rien. J’ai l’impression de prendre des coups de tous les côtés, de ne même plus savoir où ca fait mal tellement mon corps et mon esprit sont endoloris.

La dernière fois Hope m’a dit droit dans les yeux « vous êtes en mauvaise santé ». Je n’ai pas voulu la croire « bah je suis pas douillette moi, j’ai pas trop mal alors envoyez la sauce là tout de suite silvousplait ». « Non on ne fera rien tout de suite, pas dans votre état » m’avait elle répondu fermement.

En fait je voulais fuir vers l’avant. Oublier mon travail déjà, oublier mes soucis de santé, oublier mes problèmes psy. La solution c’était de tomber enceinte, rejouer le scénario catastrophe de la grossesse et du post partum des jumeaux et tout refaire en mieux, et tout irait mieux.

Surprise: c’est encore pire. Ce qui me tenait c’était de me dire que courir toujours plus vite allait mettre mes problèmes à distance et me donner une bonne dose d’endorphines au passage. Je suis maintenant à bout de souffle et mes démons m’ont rattrapés. Je suis encore plus affaiblie et ils m’atteignent d’autant plus.

Une partie de moi ne voulait pas revoir Hope car je savais qu’elle allait mettre le doigt la où ca fait VRAIMENT mal. Le poids, les troubles du comportement alimentaires, la prise en charge à long terme des problèmes hormonaux, neurologiques, les probables chirurgies nécessaires pour l’utérus (et maintenant les trompes). Je voulais un « quick fix », une petite stim et hop. Sauf que …
Sauf qu’elle a raison. Je ne suis pas en bonne santé même si ca me coûte de le reconnaitre. Je dois arrêter de prendre ce que je veux entendre et voir la froide réalité médicale.

Alors je vais souffler, aller voir Hope en mai et ne rien faire d’autre que ce qu’elle va me dire. Prendre le temps de me réparer, de me reconstruire. Parce que à chercher une stim à tout prix je risque de griller mes cartouches et de me retrouver la queue entre les jambes dans son cabinet dans quelques années. Parce qu’à vouloir m’enflammer je risque de me consumer pour de bon.

 

La feuille de route doit changer. Le cap reste le même, je m’engage dans un processus PMA. Mais je mets toutes les chances de mon côté.

  • Je dois reprendre un suivi psy sérieux pour ce début de rechute de dépression et pour mes troubles du comportement alimentaire
  • RDV endocrinologue pour le suivi de l’hypothyroïdie le 12 avril (quel beau cadeau d’anniversaire). On parle des problèmes de thyroïde, d’hypophyse (une petite IRM de l’hypophyse peut être pour le dossier à donner à Hope) et surtout des problèmes de poids. Elle est spécialisée dans la prise en charge de l’obésité donc on fonce. Par contre ma limite reste toujours la même: pas de chirurgie bariatrique. On y va à l’ancienne.
    Je ne sais pas comment je vais faire étant donné que j’ai déjà épuisé bon nombre de diététicienne, que je pèse mes aliments, je mange pas mal de fruits et de légumes. Peut être que si mes crises de boulimie s’arrêtent enfin … Peut être que ce poids j’en suis fière, comme une cicatrice de mes blessures passées qui veut dire « regardez je m’en suis sortie, je suis là, je prends de la place ». Une armure en quelque sorte. Ouai, ca va être simple ça encore ….
  • On accepte d’entendre tout ce que Hope a à me dire. On fait ce qu’elle dit même si ce sont des petits détails qui vont prendre du temps pour rien. Les échecs et les réussites sont faits de petits détails dans ce champs encore récent de la médecine.
  • On arrête de se fixer des limites comme si on était fertile et en bonne santé et qu’avoir un bébé ne dépendait que de nous: la limite du jour de mes 31 ans pour le dernier bébé doit se transformer en « à la fin des mes IAC et de mes FIV ». Le don pour moi n’est pas une option (car j’aurais l’impression de « voler » des ovocytes aux couples qui ont encore les bras vides) donc le parcours s’arrêtera là et ne prendra donc pas 10 ans (j’ai déjà un énorme doute en écrivant ces lignes …).
  • Je ne dois pas mettre ma vie entre parenthèses pour la PMA (parce qu’on ne sait pas combien de temps ca va durer): donc on se sort les doigts et on profite du placard au boulot pour bosser les concours. Vraiment. On ne s’arrête pas en cours de route en disant que de toute manière on y arrivera jamais. On suit les préceptes de Sheryl Sandberg sur les femmes au travail: ne pas anticiper les difficultés d’organisation avant qu’elles ne se présentent vraiment. Oser.

PS: j’avais évoqué « la prémonition » d’une collègue, peut être qu’elle a vraiment le nez finalement, le dernier mettra du temps. Son dernier pressentiment en date concernait ma carrière: « vous avez un avenir professionnel brillant Lananoutte, mais pas ici, pas dans cette ville. Surtout battez vous pour partir d’ici ».
J’hésite: soit elle a une connaissance sans faille de la nature humaine et elle peut pas des petites pichenettes discrètes nous orienter dans une direction, ou alors elle a vraiment un don et bordel que je n’aime pas le déterminisme (coucou Bourdieu).

6 réflexions sur “Accepter de prendre le temps d’arrêter de fuir, pensées pré RDV Hope

  1. C’est une sage décision. Et d’un point de vue externe, je pense que c’est la meilleure chose à faire.

    Par expérience, je peux te dire que les phrases « je pèse mes aliments » et « si mes crises de boulimie s’arrêtent » sont incompatibles malheureusement (j’ai une bonne dizaine d’années d’anorexie / boulimie derrière moi). Ce ne sont que des pistes qui ne remplacent pas un bon psy, mais tu as lu Zermati ? Son bouquin « Maigrir sans régime » m’avait semblé être une bonne approche à l’époque où je l’ai lu.

    Courage. J’espère que la situation s’arrangera vite pour ton taff, ça pourrait te permettre une bouffée d’air et te changer les idées de façon positive en attendant que ta santé s’améliore.

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci Lucienne

      J’avoue que je n’ai jamais eu de suivi psy sur le long terme (trop de déménagements). Mais la j’en ai trouvé une géniale mais qui a de la place genre une fois tous les deux mois … après le problème c’est d’en trouver une avec une bonne connaissance des TCA.

      Je ne connais pas Zermatti mais j’en ai déjà entendu parler positivement. Je vais y jeter un œil.

      Pour le travail je prends ça du bon côté. C’est quand même super agréable de se remettre « aux études ». D’ailleurs troisième arrêt maladie pour dépression dans le service. Je me dis que je suis pas cinglée XD.

      Aimé par 1 personne

      1. Ah ok, je pensais qu’il s’agissait de contre-indications médicales. Mais je te comprends, c’est une décision qui doit être mûrement réfléchie et assumée. Pour l’avoir fait, psychologiquement, ça se passe très bien, mais c’est vrai que les malaises, aussi rares soit-ils, sont parfois assez violents.

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