Réflexions pré Hope, la suite

En ce moment je me sens amorphe. Je me fiche de tout (sauf de ma famille proche), je suis là mais mon esprit est en PLS dans un coin. Je suis au fond, et je n’ai même plus la force de stresser. Rien ne s’arrange. Même quand j’essaie d’arranger les choses, mon corps, l’univers, DNLP m’envoie un uppercut et me renvoie à mon état de KO précédent.

Le boulot déjà avec le refus de mutation. Et puis le poids. J’essaie, j’essaie vraiment. Mais rien de rien sur la balance.

Et puis il y’a eu le commentaire de Tinkieginie. Pourquoi pas une chirurgie bariatrique ? C’est vrai, quelles sont les raisons de ce refus de ma part ? Combien de temps vais je devoir me battre sans résultat ? Est ce que les effets secondaires sont si insupportables ? Est ce que je ne devrais pas au moins me renseigner ?

Rdv pris dans le privé pour le 3 avril , dans le public pour le 12 avril (joyeux anniversaire, passes ta journée chez le médecin pour parler de ton poids).

Ça va retarder de plus d’un an les essais bebe. Oui mais en même temps si je n’arrive pas à perdre ce poids, de combien de temps vont ils être décalés ? Est ce que je ne vais pas perdre du temps à essayer en vain pour au final finir par me décider pour la chirurgie ?

Est ce que cette chirurgie est compatible avec des TCA ? Parce qu’après 15 ans j’ai un peu perdu l’espoir d’en finir avec ça.

Merci Tinkie de m’avoir fait réfléchir à nouveau. J’ai pu lire ton récit et avoir le point de vue d’une personne vraiment passée par la.

La décision est loin d’être prise. Work in progress.

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Je reprendrais bien un petit anxiolytique (on the rock)

Hier je suis allée récupérer mon produit de contraste pour l’IRM cérébrale de mercredi. Parce que ces derniers temps je n’avais pas été assez irradiée et placée dans un tunnel étroit avec en bruit de fond de la techno expérimentale. Ca me manquait.

Je vais dans ma petite pharmacie, et je tombe sur la pharmacienne qui commence à connaître ma trombine avec tous les traitements que je dois aller chercher pour que mon corps ne parte pas plus en miettes. Elle s’est notamment décarcassé pour trouver ce fichu spéculum et cathéter à ballonnet pour l’hystérosalpingographie. Elle me regarde avec un grand sourire « alors ça en est où ? Ca a marché ? »
Décontenancée je lui ai répondu que oui mon nouveau traitement pour l’épilepsie marchait bien. Esquive, j’ai bien vu qu’elle louchait sur mon ventre. Tu crois franchement que j’annoncerais une grossesse avant la fin du premier trimestre ?!?! Et puis c’est bien connu, l’HSG ca fait tomber enceinte hein !

Ca m’a fichu un coup. Mais c’est là que j’ai pensé à vous les Pmettes et Pmecs, les vrais héros du quotidien.
On parle souvent des pauvres parents épuisés, le tunnel de 17h à 20h etc. Bouhouhou la vie c’est dur, on a eu ce qu’on souhaitait et maintenant on se rend compte qu’élever un être humain ca prends du temps, que parfois c’est dur et fatiguant, que parfois le quotidien nous met à genoux et à bout de forces. Mais on voit chaque jour le fruit de nos efforts.

Mais les couples en PMA eux doivent se lancer dans ce parcours, remonter une pente très abrupte après les échecs, passer des nuits au sommeil haché en se posant mille questions, jongler avec des rdv dont on ne peut pas parler pour se protéger, subir les effets secondaires des traitements et les questions intrusives, tout ça pour un espoir. Tout ça en sachant que ce parcours du combattant ne débouchera pas forcément sur l’atteinte du but tant recherché. Ce sont eux les vrais héros du quotidien. Subir de telles questions au bout d’années d’attente doit faire l’effet d’un coup de poignard bien plus fort que la petite pique que j’ai ressenti.

Quand le soir mon viking me redit encore qu’il n’y croit plus, que je passe ma journée la fenêtre ouverte à cause des bouffées de chaleur, que mes tests d’ovulations pourraient se fondre dans les pistes à Chamonix tellement ils sont blancs à J20, ca pique, vraiment. Mais rien comparé à vous les héros.

Mi figue- Mi raisin

J18, toujours aucune trace d’ovulation sur mes bandelettes importées parce Claire coute un rein. Si jamais elle décide de pointer le bout de son nez (un jour) mon ovocyte sera tellement pourri que je visualise un cercle en décomposition glissant à l’aide d’un déambulateur dans ma trompe.

Ce matin j’apprends que mon chef à trois plumes s’en va. J’ai laissé éclater ma joie sans pudeur devant des collègues. Je sens que je vais le payer. Mais franchement quand un tel bachibouzouk s’en va et me laisse entrevoir une issue favorable à ma mutation, je n’ai qu’une seule envie, sourire. Mais on sait ce qu’on perd, on ne sait jamais ce qu’on gagne. To be continued …

On m’avait prévue. Parfois les dérèglements de l’hypophyse peuvent avoir des conséquences exotiques. Comme le fait de grandir alors même que j’ai dépassé depuis longtemps le temps où je devais reprendre les ourlets de mes jeans. J’ai encore pris 1 cm. Ca en fait 5 depuis le début de mes soucis. J’approche du mètre 80. Punaise si j’arrive un jour à maigrir j’aurais un corps de bombasse, le visage malheureusement c’est mort.

Bref, la semaine commence mitigée.

 

Accepter de prendre le temps d’arrêter de fuir, pensées pré RDV Hope

Ca fait quelques jours que l’idée trotte dans ma tête. Je suis à bout de souffle, je n’ai plus envie de rien. J’ai l’impression de prendre des coups de tous les côtés, de ne même plus savoir où ca fait mal tellement mon corps et mon esprit sont endoloris.

La dernière fois Hope m’a dit droit dans les yeux « vous êtes en mauvaise santé ». Je n’ai pas voulu la croire « bah je suis pas douillette moi, j’ai pas trop mal alors envoyez la sauce là tout de suite silvousplait ». « Non on ne fera rien tout de suite, pas dans votre état » m’avait elle répondu fermement.

En fait je voulais fuir vers l’avant. Oublier mon travail déjà, oublier mes soucis de santé, oublier mes problèmes psy. La solution c’était de tomber enceinte, rejouer le scénario catastrophe de la grossesse et du post partum des jumeaux et tout refaire en mieux, et tout irait mieux.

Surprise: c’est encore pire. Ce qui me tenait c’était de me dire que courir toujours plus vite allait mettre mes problèmes à distance et me donner une bonne dose d’endorphines au passage. Je suis maintenant à bout de souffle et mes démons m’ont rattrapés. Je suis encore plus affaiblie et ils m’atteignent d’autant plus.

Une partie de moi ne voulait pas revoir Hope car je savais qu’elle allait mettre le doigt la où ca fait VRAIMENT mal. Le poids, les troubles du comportement alimentaires, la prise en charge à long terme des problèmes hormonaux, neurologiques, les probables chirurgies nécessaires pour l’utérus (et maintenant les trompes). Je voulais un « quick fix », une petite stim et hop. Sauf que …
Sauf qu’elle a raison. Je ne suis pas en bonne santé même si ca me coûte de le reconnaitre. Je dois arrêter de prendre ce que je veux entendre et voir la froide réalité médicale.

Alors je vais souffler, aller voir Hope en mai et ne rien faire d’autre que ce qu’elle va me dire. Prendre le temps de me réparer, de me reconstruire. Parce que à chercher une stim à tout prix je risque de griller mes cartouches et de me retrouver la queue entre les jambes dans son cabinet dans quelques années. Parce qu’à vouloir m’enflammer je risque de me consumer pour de bon.

 

La feuille de route doit changer. Le cap reste le même, je m’engage dans un processus PMA. Mais je mets toutes les chances de mon côté.

  • Je dois reprendre un suivi psy sérieux pour ce début de rechute de dépression et pour mes troubles du comportement alimentaire
  • RDV endocrinologue pour le suivi de l’hypothyroïdie le 12 avril (quel beau cadeau d’anniversaire). On parle des problèmes de thyroïde, d’hypophyse (une petite IRM de l’hypophyse peut être pour le dossier à donner à Hope) et surtout des problèmes de poids. Elle est spécialisée dans la prise en charge de l’obésité donc on fonce. Par contre ma limite reste toujours la même: pas de chirurgie bariatrique. On y va à l’ancienne.
    Je ne sais pas comment je vais faire étant donné que j’ai déjà épuisé bon nombre de diététicienne, que je pèse mes aliments, je mange pas mal de fruits et de légumes. Peut être que si mes crises de boulimie s’arrêtent enfin … Peut être que ce poids j’en suis fière, comme une cicatrice de mes blessures passées qui veut dire « regardez je m’en suis sortie, je suis là, je prends de la place ». Une armure en quelque sorte. Ouai, ca va être simple ça encore ….
  • On accepte d’entendre tout ce que Hope a à me dire. On fait ce qu’elle dit même si ce sont des petits détails qui vont prendre du temps pour rien. Les échecs et les réussites sont faits de petits détails dans ce champs encore récent de la médecine.
  • On arrête de se fixer des limites comme si on était fertile et en bonne santé et qu’avoir un bébé ne dépendait que de nous: la limite du jour de mes 31 ans pour le dernier bébé doit se transformer en « à la fin des mes IAC et de mes FIV ». Le don pour moi n’est pas une option (car j’aurais l’impression de « voler » des ovocytes aux couples qui ont encore les bras vides) donc le parcours s’arrêtera là et ne prendra donc pas 10 ans (j’ai déjà un énorme doute en écrivant ces lignes …).
  • Je ne dois pas mettre ma vie entre parenthèses pour la PMA (parce qu’on ne sait pas combien de temps ca va durer): donc on se sort les doigts et on profite du placard au boulot pour bosser les concours. Vraiment. On ne s’arrête pas en cours de route en disant que de toute manière on y arrivera jamais. On suit les préceptes de Sheryl Sandberg sur les femmes au travail: ne pas anticiper les difficultés d’organisation avant qu’elles ne se présentent vraiment. Oser.

PS: j’avais évoqué « la prémonition » d’une collègue, peut être qu’elle a vraiment le nez finalement, le dernier mettra du temps. Son dernier pressentiment en date concernait ma carrière: « vous avez un avenir professionnel brillant Lananoutte, mais pas ici, pas dans cette ville. Surtout battez vous pour partir d’ici ».
J’hésite: soit elle a une connaissance sans faille de la nature humaine et elle peut pas des petites pichenettes discrètes nous orienter dans une direction, ou alors elle a vraiment un don et bordel que je n’aime pas le déterminisme (coucou Bourdieu).

Le point de rupture

Je donne toujours le change en public. Je souris, je console ceux qui ont besoin de l’être alors que je suis tout autant affectée par les évènements. J’ai appris selon les principes de Mme de Merteuil dans les liaisons dangereuses. Je suis une virtuose de la dissimulation.
Sauf que là j’en peux plus. Je n’arrive plus à nager à la surface. Je suis à deux doigts de la transformation de Red Hood en Joker (univers de Batman, toujours). En gros, il a perdu la boule car son cerveau ne pouvait plus faire face aux évènements qu’il venait de subir en pleine face et il a grillé et le passage dans une cuve d’acide n’a pas aidé. Par la suite, il n’a plus aucune logique, il veut juste faire ce qui le fait rire sans se soucier des conséquences (la ville à feu et à sang ? OSEF).

Mon cerveau lui aussi n’en peut plus. Chaque évènement se surajoute, et je plie. Je plie parce que je n’ai aucune prise ou parce que je livre un combat constant qui à force m’épuise.

Petit florilège

Côté boulot

Je ne supporte plus mon travail. Je ne conviens pas à ce poste, et ce poste ne me convient pas. J’ai donc postulé à d’autres job, et j’ai été retenue pour deux postes à Paris. J’en informe mon chef à trois plumes qui me donne sa bénédiction et me dit être « flexible sur le calendrier ». Je précise que je suis fonctionnaire donc quitter un poste pour un autre est un peu plus compliqué que dans le privé.
Et puis, le service RH mon administration à Paris se réveille pour les procédures uniquement en février (malgré mes relances mon harcèlement)pour une arrivée prévue au 01 mars. L’administration de province retourne sa veste et le chef à trois plumes décide de marquer sur la fiche de mobilité « avis sous réserve de remplacement impératif. Départ immédiat si certitude de remplacement sinon application du préavis de 3 mois prévu dans la loi de 2009 (mi-mai donc) ». Il a carrément crée cette case sur la fiche qui ne proposait que deux choix « favorable au défavorable ». Sauf que c’est très bête car ce n’est pas le service RH de mon administration à Paris qui décide de mon remplacement. On me parle de délais de 6 mois. Sauf qu’à Paris ils ne vont pas m’attendre 6 mois. Avec les RH de Paris on essaie de joindre le gestionnaire de mon corps, il nous dit qu’il faut l’accord explicite de l’administration de province. Et puis maintenant, silence radio. Ca pue, vraiment.
Le chef a trois plumes me fait payer le départ soudain d’un de mes collègue pour Paris l’année dernière. Lui non plus n’en pouvait plus de cette ambiance pourrie. Il est parti presque du jour au lendemain sans que le dit chef à trois plumes ne soit consulté. Et ça, ca a fait très mal à son égo surdimensionné.

Dans mon administration de province, je suis au placard. Personne ne me parle car je suis bizarre. Et puis j’ai voulu partir, comme les autres (comme c’est étonnant!). Alors je suis enfermée dans un bureau avec presque rien à faire. Si, mon chef à une plume aime bien déléguer les tâches non valorisantes. Et je n’ai même pas envie de faire quelque chose. Donc je prépare les concours dans mon coin. Et je mets de la mauvaise volonté dans chaque tâche confiée parce que faut pas pousser je vais pas me faire empapaouter avec le sourire.

Il y’a aussi cette collègue encore pire que les autres. C’est très honnêtement la pire personne que j’ai pu connaître. Et j’ai un père violent avec ma mère qui l’a menacé de mort avec un flingue s’il la quittait. Elle ment, elle flatte la hiérarchie de manière ostentatoire (mais les mecs ils ont un égo tellement énorme qu’ils en redemandent), elle écrase tout le monde. Et moi, elle ne m’aime pas. Je suis cadre, je suis jeune et je suis une femme, trois problèmes. Le pire c’est qu’elle aime faire du mal aux gens juste pour prendre son pied à les regarder souffrir, même pas parce que ça lui apporte quelque chose.
Elle est venue chez moi après une opération chirurgicale sans y être invitée. Elle a ensuite été déverser dans tout le service que chez moi ça n’est pas rangé.
Une fois sans faire gaffe mon pantalon est un peu tombé. Elle a envoyé des sms à sa collègue de bureau pour se foutre de moi alors que j’étais à côté. Ensuite elle a été commérer dans tout le service. Sans jamais rien me dire. Et elle a eu le culot de me dire que ce n’était pas vrai.
Le chef a trois plumes m’avait confié la rédaction d’une note pour le préfet. Je suis nulle à l’oral mais l’écrit je maitrise. Je lui ai envoyé cette note en copie. Elle a fait des modifications dans son coin et a ensuite envoyé sa version au chef à trois plumes. Elle s’est faite recaler car elle ne sait pas écrire. Petite victoire. Dans le même genre, elle prend des documents que j’ai préparé, écrit plein de conneries et les envoie au chef à trois plumes en mode « regardez elle ne sait pas ce qu’elle fait ».
Et elle va affirmer à tout le monde que mes pathologies c’est du chiqué, que je veux juste attirer l’attention. Ouai, c’est juste pour ça que je n’en parle pas.

J’essaie de faire mon dosser travailleur handicapé mais mon administration de province me dit que désert médical donc pas de médecin du travail. Donc impasse.

Côté concours

Je prépare les concours que je n’ai pas osé passer quand j’étais étudiante. Et quand je regarde la bibliographie, je me rends compte que les mecs qui ont écrit les bouquins c’était mes profs de l’époque. Et je me dis que j’étais vraiment conne et que je n’ai pas su saisir ma chance.

Côté santé

J’en ai marre de devoir me battre avec les médecins pour obtenir un diagnostic et le traitement adapté.
Pour mon épilepsie j’ai du attendre des mois car on m’a classé dans les « crises d’hystérie » en raison de mes antécédents de dépression.
Pour mes migraines avec aura (où je perds juste la vue et l’usage d’un côté du corps), une neurologue a eu le culot de me dire « oui vous êtes juste gênée pendant 40 minutes tous les jours, c’est rien ». Oui, ne plus pouvoir assurer les réunions et les obligations familiales au quotidien c’est juste une gêne …. J’ai du faire des recherches et quémander moi même le traitement adapté. « Oui mais il est fort celui là ! » « Et les conséquences sur ma vie elles sont pas fortes connasse ? »

Je replonge doucement dans l’envie de ne plus rien faire, dans l’envie de manger jusqu’à étouffer, jusqu’à en crever et de tout faire sortir parce que décidément je ne suis qu’une merde à me laisser aller comme ça. Je reprends mes bonnes vieilles habitudes. Parce que la douleur physique est tellement plus simple à gérer que la douleur morale. Parce que me faire vomir c’est encore la seule chose dans ma vie que je peux contrôler.

Côté PMA

Aujourd’hui j’ai du mettre une protection à cause des saignements. Le Viking m’a dit que de toute manière il n’y croyait plus, qu’il me laisse juste tenter le tout pour le tout car sinon j’allais avoir des regrets.

 

 

 

 

Mon corps suit le mouvement de grève

Voilà le milieu du cycle. La Pitié Salpêtrière voulait avoir plus d’infos sur mon cycle pour mieux calibrer ma prochaine stimulation. Bon en vrai je ne retournais certainement pas les voir pour une PMA, mais après pour le suivi de mon dessèchement après mon (peut être) futur accouchement.

Donc soyons bons élèves et allons de bon matin au labo pour nourrir le vampire du sous sol. Et puis, ca fera des infos en plus pour le rdv avec Hope. Consciencieuse je vais donc amener mes grosses fesses à Eylau de bon matin. Je repère du vieux sang noir sur le trajet retour. On est à J12, putain d’isthmocele (or not ?).

Midi, pause déjeuner au boulot. Brocolis et riz nérone (une tuerie ce riz sérieusement, index glycémique bas et un gout de fruits rouge) devant mon ordinateur. Coincée dans ce job tellement pourri que 80% de la direction demande sa mutation, mais le chef les refuse toutes j’en profite pour réviser mes futurs concours #RAFjemecassedetoutemanière.

Les résultats tombent: douche froide. Mon corps me tend juste un majeur avant de me l’enfoncer dans l’œil jusqu’à l’opposé du crane.
Je me paie le luxe d’avoir un taux d’oestradiol et de LH plus bas qu’à J3 alors que je suis censée être en période pré-ovulatoire. Et plus bas, pas genre « juste un chtouille je suis dans l’erreur statistique » nooooon.

E2: 24 à J3 =====> 19 à J12
LH: 7 à J3 ======> 2 à J12

Elle m’a aussi demandé un dosage de la progestérone pour détecter une ovulation précoce (lolilol). 0.1 comme à J3. En dessous des normes, comme d’hab.
Les hormones mâles types testostérone et cie sont elles aussi au ras des pâquerettes (c’est pour ca que la fille de  bodyminute me maudit en voyant le peu de poils qui poussent entre deux épilations ?)

  1. Le prochain qui me dit que je ne suis pas en processus de lyophilisation tendance carence ostrogenique et que « je suis jeune, j’ai le temps c’est pas comme si vous alliez perdre 20% de chances tous les ans m » sera goudronné et plumé en place publique.
  2. Le prochain qui me ressort la théorie de la mycose (vécue ce week end alors que je suis allée pleurer chez mon médecin traitant pour avoir l’ordonnance d’œstrogènes en gel que le centre PMA a oublié et veut attendre des mois pour récupérer car pas de consult par d’ordonnance) devra manger un mélange d’ovules antifongiques et d’utrodegeu pour le petit déjeuner.
  3. Abonner tout espoir de bébé couette parce que avec une LH comme ça, mes pauvres ovules vont être sensiblement proches de la forme d’une personne peinte par Picasso

Comment c’est physiquement possible, je ne sais pas. Normal c’est sur que non. J’ai perdu 3 kilos depuis le début de ce cycle, est-ce que ca serait ça ? Pourtant ca me semble bien trop peu pour perturber quoi que ce soit.
Ma situation de merde au boulot ? Je ne veux pas leur faire ce plaisir.

Tout se mélange dans ma tête: OPK ? Oui mais avec cette LH normale puis en baisse ça ne colle pas exactement. Hypophyse défectueuse ? Oui mais la FSH est normale donc niveau hypophyse il y’a quand même un semblant de fonctionnement. Une mamiepause qui s’annonce ? Oui mais mon AMH est top.

Plus que jamais j’ai hâte d’être à fin mai pour tenter de comprendre, d’émettre des hypothèses. D’arrêter de me proposer des stims qui seront jouées au dés et qui pourraient très mal finir avec ma trompe gauche en miettes.

EDIT: encore du sang. J’en deviens blasée.

Des comme toi on en connait pas

« Viking ne le prends pas mal, mais toi tu as Lananoutte, pas une femme » m’a dit le père de ma meilleure amie juste après mon mariage. Je n’ai jamais été « comme tout le monde ». Et pour cause, je ne comprends vraiment rien aux autres êtres humains, aux interactions sociales. Toutes mes interactions hors cercle très privé (comprenez une dizaine de personnes que je connais depuis 10 ans) sont le fruit de l’imitation de ce que j’ai pu voir dans ma vie. Donc oui des fois ca donne des réactions stéréotypées, un peu décalées.

Cas pratique: Lors de l’enterrement de la grand mère du Viking décédée d’une septicémie suite à une infection pulmonaire foudroyante, toute la famille se retrouve en rang d’oignions au cimetière pour recevoir les condoléances (pratique jusque là pour moi inconnue, cf. pas catholique tout ça tout ça). Pluie battante. Réaction spontanée de ma part: punaise à rester plantés comme des piquets comme ça on va chopper la mort.

 

Mais dans la tête du papa de ma meilleure amie, ne pas en voir des comme moi, ça voulait aussi dire que je n’étais pas une femme comme les autres, comme toutes celles qu’il fréquentait ou qu’il avait pu côtoyer.

Au lycée je me retrouve dans cette fameuse section littéraire. Nous sommes 23 filles. Majoritairement des profs féminines (#préjugésdanslorientation). Avec nous, elles s’autorisent des choses qui peut être auraient donné lieu à de l’auto-censure dans une classe mixte: on étudie Olympe de Gouges, les liaisons dangereuses, on nous parle du « pouvoir » du corps féminin, de se battre contre les injustices et pour l’égalité, que nous pouvons exister en dehors de l’attention des garçons.

Alors je me transforme en « féministe extrémiste » d’après mon père. Je veux garder mon nom, m’épanouir dans mon métier, être l’égale de mon compagnon, ne pas tomber dans le piège des préjugés lié à mon identification sexuelle. Possiblement avoir des enfants toute seule si je ne trouve pas le père avec qui je souhaite me lancer dans cette aventure.
L’indépendance et l’accomplissement personnel sont passés par les grandes écoles, la réussite de concours difficiles, la rencontre d’un homme qui partage mes principes, qui partage les tâches ménagères.

Alors pour mes parents, pour mes beaux parents je suis un OVNI. Je n’obéis pas à mon mari, je fais mes propres choix en lui demandant son avis mais en ne le suivant pas toujours, je suis carriériste, je gagne plus que mon mari, et je ne tiens pas ma maison (aka ménage et s’occuper seule des enfants). Je ne traite pas mon mari/leur fils comme une femme devrait.

 

Souvent j’ai essayé de me fondre dans un moule qu’ils pourraient comprendre, qu’ils apprécient quitte à cacher ce que je suis où arranger ce que je pense. Mais je n’ai plus envie de me cacher aujourd’hui, parce que j’en suis arrivée à un point où crotte une femme ne devrait plus avoir à faire la carpette pour être acceptée socialement. Parce que crotte j’en ai marre d’être reléguée à la cuisine avec les autres femmes pendant que ces messieurs s’occupent des travaux extérieurs. Moi aussi j’ai envie de monter sur les grosses machines agricoles et ce ne sont pas mes ovaires pourris qui m’en empêchent !

 

L’idée d’un 4e enfant c’est la mienne. Le viking s’est rangé derrière le bulldozer que je suis quand il a compris l’importance que ça avait pour moi cette grande famille. Mais jamais je ne l’ai forcé, c’est en discutant que nous sommes arrivés à cette conclusion.
Et bien mes beaux parents ne l’entendent pas de cette oreille: « oui tu sais dans la vie on a pas toujours ce qu’on veut, des fois il faut s’adapter c’est comme ça ». Traduction ===>  femme, ton opinion et tes envies comptent moins que celles de ton mari. Tu t’en remets à son jugement supérieur au tien,  et va faire la lessive parce qu’on trouve que tu laisses un peu trop ton mari prendre sa part des tâches ménagères tu comprends ses couilles vont tomber s’il prend trop souvent l’aspirateur.

Je me souviens aussi de la réaction de ses frères quand j’ai souligné que mon nom de famille était resté Lananoutte après mon mariage: ouai faut t’imposer, faut montrer qui est le bonhomme ! Dois-je mentionner qu’ils ont plus de 25 ans et jamais eu de relation sérieuse ?

Loin de moi l’idée de faire du snobisme ou de dénigrer d’où je viens. Mais évoluer dans des milieux diamétralement opposés (en l’espèce la campagne profonde vs les énarques) m’a fait réfléchir et mieux comprendre cette différence. C’est quand même vraiment plus simple d’être une « femme libérée » quand on a pu faire des études et être indépendante financièrement, quand on peut évoluer dans un monde où le congés parental n’est pas une obligation financière et sociale, quand on a le luxe de faire et d’assumer ses propres choix. Ou tout simplement quand on a eu la chance d’avoir pu côtoyer des personnes ayant des modes de vie différents de la norme autour de nous. De la part de personnes modestes, j’ai toujours cette même remarque du « mais pourquoi tu prends pas un congés parental ? Pourquoi tu ne travailles pas à mi-temps ? Ma pauvre tu ne vas jamais y arriver ! » Non j’ai juste Wonderpapa. Mais pour elles voir un homme sortir de son rôle stéréotypé est loin d’être une évidence. Une femme doit d’abord tenir son foyer seule et ensuite voir s’il lui reste du temps pour son épanouissement personnel et professionnel.

Pour finir, j’ai juste envie de dire que c’est plus beau de choisir de partager sa vie avec quelqu’un parce qu’on l’aime alors qu’on peut très bien se débrouiller seul(e) plutôt que parce qu’on est dépendant(e) de lui non ? Même si parfois la vie ne nous laisse pas ou plus le choix #mamanjepenseàtoi .

 

 

Attention ca va saigner (ou pas) + précisions

Il se pourrait que votre isthmocèle vous fasse saigner une dizaine de jours après vos règles, c’est assez courant. Ah non, non pas beaucoup de sang rouge, juste des petites pertes marrons.

Mouais … J’ai pas le souvenir que ca se soit passé comme ça (cf. ici ou encore la). Les saignements je les ai senti passer Monique ! La version règles hémorragiques en plein milieu du cycle. Narmol.

J’en suis à J7. Je guette ces pertes sanglantes non identifiées. Cette nuit j’ai rêvé que j’en avais plein sur le papier toilettes. Obsession. Je scrute mes fonds de culotte. Obsession toujours.

Parce que dans ma tête si ces pertes ne viennent pas aux alentours de J10, alors il faudra arrêter de blâmer ce brave isthmocèle qui n’a pas déjà pas bénéficié de la présomption d’innocence, et, en dernier recours, se mettre à écouter la patiente. Peut être chercher la cause dans un dérèglement hormonal ou dans cette saleté d’endométriose qui s’est installée autour de la trompe et de l’ovaire, et dieu sait où encore !
Alors j’espère que ces saignements vont rester gentiment là où ils sont. Et qui sait laisser un endomètre en à peu près bon état pour une hypothétique accroche qui va se terminer en fausse couche de toute manière. D’ailleurs petit aparté: c’est quoi cette théorie de gynéco qui vous sort que vous êtes fertile car vous faites des fausses couches ? Merde alors moi qui pensait que le but c’était d’avoir un bébé et pas un test de grossesse positif. Décidément, nous les patients on est vraiment pris pour des cons.

EDIT: il y’a bien ce gynéco qui m’a fait passer l’hystérosonographie qui m’a dit que les saignements n’étaient pas du à l’isthmocèle mais le chirurgien s’en fout, comme les autres docteurs.

 

Hier après notre partie de galipettes avec chéri j’ai eu mal toute la soirée, encore. Et à nouveau ce matin en allant aux toilettes. Non ce n’est pas une mycose (paye ta mycose qui dure depuis 3 ans). Oui c’est bien une douleur profonde et non superficielle. Non le lubrifiant n’aide pas. Peut être que mes douleurs et mes saignements sont liés ? C’est ma théorie de VAE gynéco en tout cas.
Le Viking est au courant. Mais j’évite de trop en parler, quitte à arranger la vérité sur mon niveau de douleur post rapports. Parce que c’est pas juste pour lui de devoir se taper les contraintes de mamie sécheresse à 30 balais. Merde à notre âge on devrait être dans THE période de rêve niveau galipettes, jeunes mais déjà bien un peu expérimentés.

Mon gynéco de ville m’avait prescrit de l’Estreva Gel étant donné qu’avec les migraines/épilepsie je ne peux prendre d’œstrogènes par voie orale. Ca devait améliorer les symptômes de la carence œstrogénique. Apparemment les mamies défraichies n’intéressent pas les labos: plus de fabrication de ce produit depuis 2013. Chouette. Pareil pour les équivalents d’après le pharmacien. Ca va être encore le sahara dans ma culotte et mon lit pendant un moment.

 

Infertilité vs Rationalité

La superstition c’est la vie, enfin chez moi. Quand arrive un moment de stress, je vais mettre le tee-shirt que je portais la dernière fois qu’il m’est arrivé un truc bien. Ca n’a absolument aucun sens.

Par contre dès que j’essaie de prier un dieu quelconque (avec 3 religions dans ma famille, j’ai le choix c’est bien), je me prends un méchant crochet du droit dans mon nez déjà cassé trois fois. Donc exit tout brulage de cierge, à tous les coups j’apprendrais que j’ai une torsion de l’ovaire relié à ma seule trompe potable en mode « mais je pensais que j’avais la gastro à cause du fromage fermier pas frais ».

Au boulot il y’a une collègue sympa. Vraiment très sympa. A l’écoute, intelligente, toujours de bonne humeur. Une perle au milieu de cette équipe d’autochtones mal dégrossis difficile.

Mais ma collègue dit avoir un don lui permettant de voir les choses avant qu’elles n’arrivent. Sans prétention, sans que ce soit une vision parfaite et complète.
Normalement je dirais cut the bullshit, ta boule de cristal c’est au pire un tissu de mensonges mal ficelés, au mieux le résultat d’une très longue étude du comportement humain qui permet de mieux anticiper les réactions de l’entourage.

Sauf qu’elle a réussi à deviner le prénom de mon dernier. Et pourtant il n’est pas exactement commun dans une région majoritairement catholique. Est-ce que c’est moi qui l’aurait laissé échapper une fois sans m’en souvenir ? Mais est-ce qu’elle l’aurait retenu au milieu du flot d’infos que je déverse toute la journée ? Bref, je balance entre la peur de croire que notre destin est écrit et que nous sommes impuissants et l’envie de croire que nous avons possibilité d’agir pour tracer notre chemin malgré les coups du sort.

 

Alors je doute. Mais ce qu’elle me dit dernièrement ne me plait pas, mais alors pas du tout.

Je vois que la naissance de la petite dernière (qui sera une fille apparemment) ne se fera pas avant un bon bout de temps qu’elle me dit. J’insiste, mais elle me dit que non vraiment elle ne voit pas de naissance dans un futur proche (genre dans les années qui viennent).

Alors je repense à mon utérus fendu, à ma trompe pleine d’adhérences et d’endométriose, à mes bouffées de chaleur, à mes ovaires sous doués, à mon hypophyse fatiguée. Et j’ai peur, peur parce que statistiquement elle a raison. Peur des épreuves et des échecs à venir.

Je m’en veux de déprimer car j’ai déjà cette chance d’avoir des enfants, que je devrais m’en contenter, que ce n’est rien par rapport aux couples qui repartent les bras vides. Rationnellement oui.
Oui, mais rien que d’y penser, de penser que je ne peux pas avoir accès à ce que les fertiles ont si facilement, que mon corps cassé me refuse mon rêve alors que j’ai renoncé à tant d’autres (notamment scolaires, professionnels), alors j’ai quand même le cœur en miettes.

 

Finalement j’ai tranché: Hope avant tout

En fait choisir c’est se dire qu’on peut prendre le meilleur de chacun, que l’un n’est pas exclusif de l’autre.

On peut choisir de se lancer avec Hope pour le parcours infertilité et après se remettre entre les mains du service de gynéco endocrinologie pour le suivi de mon insuffisance hypophysaire pour « le reste de ma vie » ne pas penser au fait que le reste de ma vie pourrait commencer sur l’échec PMA. Parce que le combo: hypophyse/opk/trompe endommagée par l’endométriose/isthmocele ça commence à me faire ressembler à un cas complexe, et que c’est justement la spécialité de Hope.

Ne perdons pas de temps, mais n’oublions pas le futur, et j’espère, l’après bébé.