Rdv chirurgien By-pass: nous avons un gagnant !

Petit rappel de l’épisode précédent: Lananoutte toujours en obésité morbide veut un bébé. Et pour avoir un bébé quand on a besoin des médecins, il faut perdre du poids. Etant donné que la demoiselle a 20 ans de régime à son actif et qu’elle tout essayé, elle a décidé de subir une chirurgie bariatrique.

J’avais parlé de la rencontre avec la première chirurgienne tiroir caisse ici. Pas très convaincue, je suis allée prendre un second avis dans la même clinique. Les hôpitaux publics c’est bien, mais les rdv ne sont pas avant fin mai-début juin. Quand ils ne sont pas annulés. Mais j’y viendrais à la fin de cette article. Parce que rien ne se passe jamais comme prévu.

Retour dans la même clinique.Secrétariat différent, médecin différent. Elles sont souriantes, te font des blagues, et répondent au téléphone à chaque appel sans jamais le laisser sonner dans le vide pendant 5 minutes. Et même que quand elles répondent tu n’as pas l’impression de les déranger.

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J’attends 5 minutes dans la salle d’attente. Il est l’heure de mon rendez-vous. Le médecin m’appelle. Je me demande dans quel vortex spatio temporel je suis tombée. Ou si tous ses patients du jour ont annulé, pourquoi ils ont annulé, et si je vais mourir parce qu’il aura décidé de faire un labyrinthe avec mes intestins tout en éternuant avec ses instruments. Oups, a plus estomac du tout, oh well …

 Il me demande pourquoi je suis là. Pour que tu me répares l’utérus et les trompes pour qu’il m’aide à perdre du poids. Il s’assure que je veux bien une chirurgie et pas un simple régime, parce que lui, il est chirurgien, il découpe. Sans dec’ ! Au moins c’est honnête de reconnaitre son rôle de boucher traiteur.

Il me pèse, il me mesure. Il me demande mes antécédents. Il me dit que ca sera moi qui choisirais au final le type de chirurgie mais qu’il peut me donner des conseils. Il me préconise le by-pass en raison du poids que j’ai a perdre (parce qu’une sleeve ne suffirait pas selon lui pan-dans-ta-face) et de mon métabolisme de merde en carton.

Il est franc, direct. Il parle parfois comme un charretier. Il est drôle sans le vouloir du coup. Ca me plait parce que j’aime la vérité tout nue. En PMA en même temps, si t’aimes pas être à poil à force …

Il me parle des conséquences à long terme. Il me dit que le by pass est encore celui qui reste le plus efficace à long terme et celui sur lequel on a le plus de recul. Il me dit que je vais pouvoir continuer mes déjeuners professionnels sans que ça se voit trop, que je peux perdre 60 kilos.

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Lui ne veut pas m’opérer tout de suite. Il me parle de juin mais plutôt en septembre en étant réaliste. Il me dit que je peux sortir au bout de deux jours, qu’il n’y aura pas de sonde. Que je serai la moins branchée possible. Que l’arrêt de travail n’est que de 15 jours. Ca me rassure.

Il sourit aussi en me disant qu’il récupère pas mal de patients qui ont commencé leur parcours à l’hôpital public. Ils sont lassés par les mois d’attente entre chaque rdv, les annulations de dernières minutes. L’impossibilité de joindre un être humain au téléphone.

Le parcours avant l’opération est assez conséquent. Il va me prendre des mois. Il y’a bien une quinzaine de rdv à prendre. Les bilans cardio et pneumo pourront se faire sur une journée à la clinique. Le reste sera à prendre un par un. Je sens qu’ils vont être méga heureux les nouveaux collègues …

Je suis totalement partante. En même temps j’ai pas vraiment le choix. Je suis pas sure de dire la même chose à une semaine de l’opération.


Petit épilogue suite à mon rdv chez l’endocrino généraliste:

J’ai eu finalement un appel de la Pitié Salpêtrière pour réaliser un bilan hormonal et de fertilité en hôpital de jour qu’elle voulait me prescrire.

RDV dans un mois, résultats sous deux mois, communiqués uniquement à mon endocrinologue. Annulation de mon rdv de juillet car « je ne suis pas prioritaire ». RDV en septembre.
Cerise sur la gâteau, j’ai une échographie pelvienne à réaliser. Ils me disent qu’ils s’en fichent du moment du cycle pour le compte des follicules antraux (je suis sous cycle artificiel en plus).

LOLILOL !!!

Même si ca me fait mal de dire: #hopitalpublic.

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RDV endocrino généraliste: mais pourquoi je me suis infligée ça en fait ?

J’allais à ce rdv endocrinologue pleine d’espoir. Elle m’avait fait forte impression lors de ma première visite pour mon dérèglement de la thyroïde. C’était l’été, Paris sentait bon la plage et les reste de monoï, tout le monde revenait détenu après une belle coupure (en tout cas dans le quartier où elle est installée. Par là, même les étudiants ne rangent pas des jambons à Auchan l’été).

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J’ai découvert Giphy. Voici donc une illustration

Je suis dans salle d’attente. Un couple de personnes âgées sortent du cabinet. Elle aide monsieur qui est en béquilles. Quelle belle image, on sent le docteur de cœur, celui qui veut vraiment s’investir pour ses patients.

Vient mon tour. On commence par discuter de mes résultats. La tyroïde, on passe à 100 de Levotyrox. Check.

J’ai pleins de sujets à aborder. Forcément, 6 mois pour avoir un rdv, il s’en passe des choses dans ton corps.

Ensuite je veux lui parler de mes hormones. Je lui montre les mêmes prises de sang que j’ai montré à Hope, puis les plus récentes. Elle me regarde droit dans les yeux et me dit: TOUT VA BIEN. En regardant mêmes prises de sang qui ont fait bondir Hope de sa chaise.

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C’est là qu’on voit que clairement, non tous les médecins ne se valent pas. Oui on peut totalement passer à côté du problème même avec un diplôme en médecine dans la bonne spécialité.

Et mes symptômes alors ? Ben c’est dans votre tête madame. D’ailleurs vous n’avez même pas besoin d’Estreva gel. Votre sécheresse et vos bouffées de chaleur vous les avez rêvées hein, chochotte. Et le manque de calcium ? Mais nooon faut pas vous inquiéter pour si peu (sic). Et puis d’ailleurs ma prise en charge la fait sauter au plafond, il manque pleins d’examens dont une IRM de l’hypophyse.

PUNAISE ça fait juste des mois que je demande aux médecins que je vois à peu près compétents dans le domaine de ma la prescrire !!!!

L’image de la médecin humaine et compétente dans son beau cabinet du 16e se transforme doucement en l’image d’une médecin TGV qui sort son diagnostic au doit mouillé et qui mise toute sa crédibilité au montant du loyer de son cabinet. Ecouter les patients ? Mais ça me fait perdre X € qui me servent à exercer mon art voyons ! Pauvre être ignare inclinez vous devant mon savoir sans limite.

Je n’essaie même pas d’aller plus loin. En plus je me fais traiter à mots couverts de menteuse en dissimulant certains aspects de ma prise en charge. J’essaie à tout prix de rester zen. J’ai envie de sauter sur son beau bureau en bois précieux et de le convertir en bois de chauffe pour la fausse cheminée de sa salle d’attente. Mais je lui fais un beau sourire quelque peu déformé par la colère.

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Mon endo au chevet du malade après une opération douloureuse

On passe ensuite au douloureux dossier du poids. Je lui dis que je pense manger équilibré. Que j’envisage une chirurgie bariatrique. Elle me fait allonger sur la table. Me triture les chevilles et les genoux. Mais ne me dit rien de ce qu’elle fait. Elle me lance « il va falloir vous opérer ». Bon, mais encore ? Pourquoi ? Comment ?

Elle me dit que je dois avant tout procéder à une évaluation psychologique. A sa défense, vu mon niveau d’énervement je devais très certainement la regarder avec un air de psychopathe.

Je lui demande ce que je peux faire de plus au sujet de mon poids. Elle me dit de supprimer totalement les féculents … Oui à moi une ancienne anorexique/boulimique. Interdire toute une catégorie d’aliments pour une alimentation durablement équilibrée …

Elle me propose ensuite  une consultation de suivi (de quoi ? elle a rien fait) de l’obésité … Dans 6 mois !

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Je ne suis même plus dans la colère, je pense que je suis presque dans le rire tellement cette situation tombe dans l’absurdité. Je me demande si elle ne scripte pas ses consultations avec l’aide des Monty Pythons.

Et pour finir le clou du spectacle dans l’irrespect: « Et moi qui pensais que ca serait juste une consultation de suivi thyroïde, je suis bien en retard maintenant » sous entendu: « mon tiroir caisse ne s’est passez ouvert pendant ce temps« .

Bitch, tu n’es pas la seule à avoir perdu du temps pendant cette consultation. Adieu.

L’humiliation, et moi qui reste plantée là

Entre la santé qui déconne, les finances qui sont rouges écarlates, le moral qui ne suit pas, se rajoute le boulot.

Oui je sais, je suis particulièrement jouasse en ce moment. Même mes pressions de gel estreva pour mamie pausée ont un effet limité.

Je l’avais déjà évoqué à plusieurs reprises, j’ai un accord du ministère de la santé à Paris pour une mutation mais ma structure d’accueil ne veut pas me laisser partir. J’ai eu il y’a peu la confirmation écrite de ma future cheffe de bureau (celle que je remplace qui vient d’être promue) que quoi qu’il arrive j’arrive au 12 mai. La confirmation a consisté en une seule phrase et je n’avais aucun autre détail.

J’en informe ma direction par mail. Il faut dire que depuis ma demande personne ne daigne venir me voir dans mon bureau, tout juste un bonjour rapide et poli dans les couloirs … Ambiance.
Le chef à trois plumes me convoque dans son bureau.

Je viens. Il me balance que l’assistante sociale l’a contacté pour lui parler de ma situation complexe au niveau médical (avec l’impossibilité de conduire à cause de mon épilepsie) qu’au niveau financier avec les coûts que les transports en commun en zone rurale et l’éloignement du travail de mon viking entrainent. Et le fait d’être à bout psychologiquement et physiquement aussi.
Il me dit aussi qu’il est au courant que j’ai contacté les syndicats.

Il me sort qu’il est prêt à me laisser partir dès que possible sans contrepartie et qu’il a toujours été d’accord pour cela. Je n’ose pas lui dire que je sais qu’il n’a pas répondu aux mails du ministère, qu’il a envoyé la DRH me dire que ma mutation ne sera actée que lorsque le principe de mon remplacement sera acté. J’ai des preuves écrites. Que c’est pour ça que je me suis démenée pour avoir des conseils et du soutien. Que s’il était vraiment d’accord, on n’en serait pas arrivé là. Mais je n’ose pas lui dire. Je suis figée. Je dois même rougir. Comme si j’avais fait une bêtise. Je m’écrase devant son assurance.

En sortant de son bureau je l’entend dire à quelqu’un « ouai Lananoutte je l’cassée, vlan ». Le pire c’est qu’il dit ça à la fin de pas mal d’entretiens. Il est le pur produit de la société qui valorise encore et toujours ces males alpha typiques (en tout cas dans mon domaine d’activité).

Ce que j’ai su après c’est que ce n’était pas par générosité. Il avait obtenu mon remplacement et j’avais obtenu un avis favorable de la CAP (pour les non fonctionnaires, l’organisation paritaire qui rend des avis sur les demandes de mutations). Il ne pouvait donc pas s’y opposer. Il le savait. Il a voulu se jouer de moi. Ce qui lui importait c’était d’avoir le dessus. Je me suis humiliée. Encore plus faible qu’avant. Je me repasse cette scène en boucle.

Aujourd’hui pour la première fois au boulot j’ai du non à quelqu’un. J’avais envie de lui dire que c’était un boulet, que déjà que je faisais son travail à sa place elle n’allait pas en plus se plaindre. Et je me sens encore plus nulle, car je passe mes nerfs sur les autres. Un peu comme l’autre alpha male à la con.

 

Rdv chirurgien avis 1: speedy gonzales du bistouri

Après avoir parcouru les classements l’express et le point ainsi que scope santé, direction les beaux quartiers de Paris pour avoir un avis chirurgical pour savoir que faire de mon poids pachydermique.

En retard comme absolument tous les médecins que je connais. On s’y attend, et puis j’ai pris ma journée. Le cabinet médical est moderne, les secrétaires sont sympas. Au mur, des photos de d’opérés qui jettent en l’air des bouteilles de lait dont le poids total est égal à celui des kilos perdus. Une petite légende en dessous de chaque photo (en gros: je revis maintenant. Je veux bien te croire cocotte). Le nom du studio photo: renaissance quelque chose. Le ton est donné: ici on t’offre une nouvelle vie.

Question philosophique qui se pose alors: oui nouvelle vie car une grosse (c’est le cas de le dire) partie de tes problèmes se retrouve résolue du fait de la perte de poids certes, mais quid des autres problèmes qui eux restent bien accrochés ? Est-ce que selon leur importance on peut vraiment parler d’une renaissance et pas juste d’une amélioration significative des problèmes ? Parce que c’est bien gentil la perte de poids mais ca ne va pas désadhérer ma trompe ou réduire les bouffées de chaleur (on a déclenché une alerte enlèvement pour mes œstrogènes mais personne n’a vraiment cherché à trouver le kidnapper en question).

Dr Speedy arrive. Impossible d’estimer son âge tellement est tirée de partout. Son visage est d’un lisse surnaturel. Bon j’avoue c’est un peu bizarre mais on a envie de la toucher pour voir comment c’est doux.
Elle m’accueille avec le sourire et petite blagounette. On entre dans le dur: poids, taille. Pour plus de clarté et parce que le rdv a duré 10 minutes, je vous fais en gros la retranscription:

Dr Speedy: Vous vous êtes pesée et mesurée récemment ?
Moi: Euh oui plutôt
Dr Speedy: ok pas besoin de le refaire. Vous mangez bien ? On va pas faire le détail la nutritionniste est là pour ça. Vous mangez beaucoup ?
Moi: je pense manger bien, je ne grignote pas. Mais peut être que c’est les quantités mon problèmes
Dr Speedy: bon on va partir sur une sleeve. On va réduire votre estomac. Voilà une fiche explicative
Moi: la chirurgie docteur c’est un peu mon dernier espoir. Tous les autres régimes ont échoué et pourtant je pèse ce que je mange
Dr Speedy: alors vous mangez bien ! Vous savez j’en connais des obèses qui mangent moins et mieux que moi et qui prennent du poids (PUTAIN qu’est ce que ca fait du bien à entendre ! Je ne suis pas folle). On va plutôt partir sur un mini bypass qui va réduire l’estomac et réduire l’absorption. En plus avec vos problèmes hormonaux ca ne sera pas plus mal. En gros, on change votre métabolisme de merde
Moi: et combien de temps va durer le parcours avant l’opération ? Plusieurs mois je pense non ?
Dr Speedy: ah non, en trois semaines ca peut être bouclé ! La sécu impose une prise de charge de 6 mois mais bon quand on arrive à un IMC de 40 on sait bien que les gens ont tenté sérieusement des régimes avant. Et personne ne choisi une chirurgie à vie plutôt que de manger des haricots verts !
Voilà les fiches explicatives. Lisez les bien et la prochaine fois je vous interroge lolilol

Vu que j’aime les listes:

1- J’ai vraiment eu l’impression que le type d’opération a été choisi au doigt mouillé. Avec crétissimo j’aurais pu en arriver à la même conclusion

2 – L’info sur les conséquences de l’opération aurait quand même pu être orale et plus détaillée qu’une fiche. Je travaille dans le côté administratif du médical donc j’ai des facilités à comprendre, mais quid des personnes qui n’ont aucune connaissances médicales, qui n’osent pas poser des questions ou qui tout simplement ont un peu de mal avec le français ou les concepts abstraits ?
Rien non plus sur l’alimentation après l’opération, à l’oral comme sur la fiche. C’est dommage de devoir attendre le rdv nutritionniste car parfois on peut changer d’avis devant l’ampleur des conséquences à vie sur la manière de s’alimenter.

3 – Je suis d’accord, la plupart des obèses sévères ont a leur compteur des dizaines de régimes. Mais un petit entretien avec un nutritionniste en amont pour voir si le régime alimentaire est vraiment correct (parce qu’on ne sait jamais) et/ou détecter des problèmes hormonaux/de santé qui peuvent causer une prise de poids anormale.
La prise en charge doit pour moi être globale (et pas seulement voir une palanquée de médecins qui s’assurent juste que vous n’allez pas mourir sur la table et donc faire perdre leurs dépassements d’honoraires à tout le monde) afin de s’assurer de la réussite de l’opération. Si la personne est atteinte d’une maladie de Crohn ou d’une hypothyroïdie sévère, l’opération ne servira à rien ou alors va être vouée à l’échec à long terme, voir masquer ces problèmes et entraîner de très graves conséquences à plus ou moins court terme.

Je suis assez mitigée sur l’issue du rdv. Je pense qu’il est important d’avoir pleinement confiance dans l’équipe qui nous suit dans cette opération qui engage à vie. Et je ne veux recourir à cette opération que si c’est vraiment la solution de dernier recours ET la plus adaptée pour mon cas.

Après avoir parlé à une amie qui m’a toujours éclairé par sa sagesse (sérieusement cette femme a été mon modèle depuis la fin du lycée): tu sais ca fait quand même beaucoup: l’insulionrésistance qui merde, les transaminases élevées, les hormones féminines aussi, les douleurs intestinales, les trompes qui partent en cacahouète toutes seules … Franchement je ne te dis pas de ne pas le faire, mais sois sure d’explorer toutes les pistes avant …

Je suis toujours déterminée à trouver la SOLUTION qui va changer rapidement mon problème de poids. Je suis tout à fait prête à me lancer dans le chirurgie. D’ailleurs, j’ai déjà pris rdv pour les examens pré op nécessaires. Je vais voir avec son confrère du même centre qui demande un bilan encore plus complet.
Mais j’attends avec d’autant plus d’impatience le rdv avec mon endocrino vendredi …

 

 

Alors mamie tu as pris tes cachets ?

Week-end de Pâques. Retour aux sources dans ma région natale aux bons accents germaniques. Revoir tous les amis et ma famille fait le plus grand bien. Me sentir à nouveau étudiante en allant dans le cinéma où je passais le temps dans les longues pauses entre les cours, aller diner dans le restaurant indien où nous refaisions le monde à l’époque. Je serai bien restée encore un peu à vrai dire.

Après avoir fouillé le net et usé mon forfait illimité pour contacter la moitié des pharmacies de Paris, c’est dans un village alsacien de moins de 3 000 âmes que j’ai pu trouver le graal: Estreva Gel ! Le gel qui allait enfin me permettre de sortir des effets de la mamipause. Sérieusement, je ne sais pas comment c’est possible. Approvisionnement frontalier ? Coup de chance ? Signe du destin pour me dire de revenir au bercail ?

Tout est rentré dans l’ordre avec cette merveille. Couplée à un complément alimentaire spécial vieille qui se dessèche, les bouffées de chaleur se sont envolées, mes nuits sont devenue complètes et ma libido est de retour. Genre j’ai jeûné pendant  des mois et maintenant j’ai décidé d’aller me faire un resto bien copieux pour compenser. J’ai vraiment des soucis avec la nourriture pour faire des analogies comme ça moi …

J’ai lu la notice. Je dois associer un progestatif au moins 12 jours par mois car j’ai un « utérus intact ». D’où le duphaston sur l’ordonnance. Et mes deux neurones se sont connectés. Estreva c’est des oestrogènes, duphaston une sorte de progestérone => oestroprogestatif = > pilule ?

  1. Je suis interdite de pilule de ce type à vie en raison du gros risque d’AVC (et là mes bouffées de chaleur et chéri qui se la met sous l’oreille ca serait du pipi de chat)
  2. Bordel, laissez moi un espoir vain de concevoir sous la couette !

J’ai donc été voir mon ami google, parce qu’un week end de Pâques c’est un peu le seul bobologue à questions existentielles d’ouvert.
Donc oui c’est bien un traitement classique de la ménopause. Non ca ne serait pas contraceptif car il faut le prendre plus de 10 jours par mois. Oui je vais quand même faire des TO pour être sure de le prendre après l’ovulation pourrave.

J’ai aussi lu que ce gel pourrait permettre d’améliorer la glaire. Donc en gros ma glaire serait défaillante aussi ?!  Parce que si je suis en manque d’hormones et que ce manque peut créer ce problème (sinon pourquoi prescrire ce médoc), donc je dois l’avoir forcément. Oui cette phrase est très claire (dans ma tête).  En même temps je n’ai jamais passé le test de Hünner donc ca pourrait être tout à fait possible …

 

Stop ne chargez plus la barque !! Google, notre relation est vraiment toxique. Je pense que nous devrions en rester là. Cesses de m’appeler, de me faire miroiter la réponses aux questions qui secouent mon être fragile. Restons amis et contentes toi de m’apporter des réponses légères sur des sujets très banals (genre indiques moi où je peux voir le dernier Grey’s Anatomy steuplait).

 

Réflexions pré Hope, la suite

En ce moment je me sens amorphe. Je me fiche de tout (sauf de ma famille proche), je suis là mais mon esprit est en PLS dans un coin. Je suis au fond, et je n’ai même plus la force de stresser. Rien ne s’arrange. Même quand j’essaie d’arranger les choses, mon corps, l’univers, DNLP m’envoie un uppercut et me renvoie à mon état de KO précédent.

Le boulot déjà avec le refus de mutation. Et puis le poids. J’essaie, j’essaie vraiment. Mais rien de rien sur la balance.

Et puis il y’a eu le commentaire de Tinkieginie. Pourquoi pas une chirurgie bariatrique ? C’est vrai, quelles sont les raisons de ce refus de ma part ? Combien de temps vais je devoir me battre sans résultat ? Est ce que les effets secondaires sont si insupportables ? Est ce que je ne devrais pas au moins me renseigner ?

Rdv pris dans le privé pour le 3 avril , dans le public pour le 12 avril (joyeux anniversaire, passes ta journée chez le médecin pour parler de ton poids).

Ça va retarder de plus d’un an les essais bebe. Oui mais en même temps si je n’arrive pas à perdre ce poids, de combien de temps vont ils être décalés ? Est ce que je ne vais pas perdre du temps à essayer en vain pour au final finir par me décider pour la chirurgie ?

Est ce que cette chirurgie est compatible avec des TCA ? Parce qu’après 15 ans j’ai un peu perdu l’espoir d’en finir avec ça.

Merci Tinkie de m’avoir fait réfléchir à nouveau. J’ai pu lire ton récit et avoir le point de vue d’une personne vraiment passée par la.

La décision est loin d’être prise. Work in progress.

Je reprendrais bien un petit anxiolytique (on the rock)

Hier je suis allée récupérer mon produit de contraste pour l’IRM cérébrale de mercredi. Parce que ces derniers temps je n’avais pas été assez irradiée et placée dans un tunnel étroit avec en bruit de fond de la techno expérimentale. Ca me manquait.

Je vais dans ma petite pharmacie, et je tombe sur la pharmacienne qui commence à connaître ma trombine avec tous les traitements que je dois aller chercher pour que mon corps ne parte pas plus en miettes. Elle s’est notamment décarcassé pour trouver ce fichu spéculum et cathéter à ballonnet pour l’hystérosalpingographie. Elle me regarde avec un grand sourire « alors ça en est où ? Ca a marché ? »
Décontenancée je lui ai répondu que oui mon nouveau traitement pour l’épilepsie marchait bien. Esquive, j’ai bien vu qu’elle louchait sur mon ventre. Tu crois franchement que j’annoncerais une grossesse avant la fin du premier trimestre ?!?! Et puis c’est bien connu, l’HSG ca fait tomber enceinte hein !

Ca m’a fichu un coup. Mais c’est là que j’ai pensé à vous les Pmettes et Pmecs, les vrais héros du quotidien.
On parle souvent des pauvres parents épuisés, le tunnel de 17h à 20h etc. Bouhouhou la vie c’est dur, on a eu ce qu’on souhaitait et maintenant on se rend compte qu’élever un être humain ca prends du temps, que parfois c’est dur et fatiguant, que parfois le quotidien nous met à genoux et à bout de forces. Mais on voit chaque jour le fruit de nos efforts.

Mais les couples en PMA eux doivent se lancer dans ce parcours, remonter une pente très abrupte après les échecs, passer des nuits au sommeil haché en se posant mille questions, jongler avec des rdv dont on ne peut pas parler pour se protéger, subir les effets secondaires des traitements et les questions intrusives, tout ça pour un espoir. Tout ça en sachant que ce parcours du combattant ne débouchera pas forcément sur l’atteinte du but tant recherché. Ce sont eux les vrais héros du quotidien. Subir de telles questions au bout d’années d’attente doit faire l’effet d’un coup de poignard bien plus fort que la petite pique que j’ai ressenti.

Quand le soir mon viking me redit encore qu’il n’y croit plus, que je passe ma journée la fenêtre ouverte à cause des bouffées de chaleur, que mes tests d’ovulations pourraient se fondre dans les pistes à Chamonix tellement ils sont blancs à J20, ca pique, vraiment. Mais rien comparé à vous les héros.

Mi figue- Mi raisin

J18, toujours aucune trace d’ovulation sur mes bandelettes importées parce Claire coute un rein. Si jamais elle décide de pointer le bout de son nez (un jour) mon ovocyte sera tellement pourri que je visualise un cercle en décomposition glissant à l’aide d’un déambulateur dans ma trompe.

Ce matin j’apprends que mon chef à trois plumes s’en va. J’ai laissé éclater ma joie sans pudeur devant des collègues. Je sens que je vais le payer. Mais franchement quand un tel bachibouzouk s’en va et me laisse entrevoir une issue favorable à ma mutation, je n’ai qu’une seule envie, sourire. Mais on sait ce qu’on perd, on ne sait jamais ce qu’on gagne. To be continued …

On m’avait prévue. Parfois les dérèglements de l’hypophyse peuvent avoir des conséquences exotiques. Comme le fait de grandir alors même que j’ai dépassé depuis longtemps le temps où je devais reprendre les ourlets de mes jeans. J’ai encore pris 1 cm. Ca en fait 5 depuis le début de mes soucis. J’approche du mètre 80. Punaise si j’arrive un jour à maigrir j’aurais un corps de bombasse, le visage malheureusement c’est mort.

Bref, la semaine commence mitigée.

 

Accepter de prendre le temps d’arrêter de fuir, pensées pré RDV Hope

Ca fait quelques jours que l’idée trotte dans ma tête. Je suis à bout de souffle, je n’ai plus envie de rien. J’ai l’impression de prendre des coups de tous les côtés, de ne même plus savoir où ca fait mal tellement mon corps et mon esprit sont endoloris.

La dernière fois Hope m’a dit droit dans les yeux « vous êtes en mauvaise santé ». Je n’ai pas voulu la croire « bah je suis pas douillette moi, j’ai pas trop mal alors envoyez la sauce là tout de suite silvousplait ». « Non on ne fera rien tout de suite, pas dans votre état » m’avait elle répondu fermement.

En fait je voulais fuir vers l’avant. Oublier mon travail déjà, oublier mes soucis de santé, oublier mes problèmes psy. La solution c’était de tomber enceinte, rejouer le scénario catastrophe de la grossesse et du post partum des jumeaux et tout refaire en mieux, et tout irait mieux.

Surprise: c’est encore pire. Ce qui me tenait c’était de me dire que courir toujours plus vite allait mettre mes problèmes à distance et me donner une bonne dose d’endorphines au passage. Je suis maintenant à bout de souffle et mes démons m’ont rattrapés. Je suis encore plus affaiblie et ils m’atteignent d’autant plus.

Une partie de moi ne voulait pas revoir Hope car je savais qu’elle allait mettre le doigt la où ca fait VRAIMENT mal. Le poids, les troubles du comportement alimentaires, la prise en charge à long terme des problèmes hormonaux, neurologiques, les probables chirurgies nécessaires pour l’utérus (et maintenant les trompes). Je voulais un « quick fix », une petite stim et hop. Sauf que …
Sauf qu’elle a raison. Je ne suis pas en bonne santé même si ca me coûte de le reconnaitre. Je dois arrêter de prendre ce que je veux entendre et voir la froide réalité médicale.

Alors je vais souffler, aller voir Hope en mai et ne rien faire d’autre que ce qu’elle va me dire. Prendre le temps de me réparer, de me reconstruire. Parce que à chercher une stim à tout prix je risque de griller mes cartouches et de me retrouver la queue entre les jambes dans son cabinet dans quelques années. Parce qu’à vouloir m’enflammer je risque de me consumer pour de bon.

 

La feuille de route doit changer. Le cap reste le même, je m’engage dans un processus PMA. Mais je mets toutes les chances de mon côté.

  • Je dois reprendre un suivi psy sérieux pour ce début de rechute de dépression et pour mes troubles du comportement alimentaire
  • RDV endocrinologue pour le suivi de l’hypothyroïdie le 12 avril (quel beau cadeau d’anniversaire). On parle des problèmes de thyroïde, d’hypophyse (une petite IRM de l’hypophyse peut être pour le dossier à donner à Hope) et surtout des problèmes de poids. Elle est spécialisée dans la prise en charge de l’obésité donc on fonce. Par contre ma limite reste toujours la même: pas de chirurgie bariatrique. On y va à l’ancienne.
    Je ne sais pas comment je vais faire étant donné que j’ai déjà épuisé bon nombre de diététicienne, que je pèse mes aliments, je mange pas mal de fruits et de légumes. Peut être que si mes crises de boulimie s’arrêtent enfin … Peut être que ce poids j’en suis fière, comme une cicatrice de mes blessures passées qui veut dire « regardez je m’en suis sortie, je suis là, je prends de la place ». Une armure en quelque sorte. Ouai, ca va être simple ça encore ….
  • On accepte d’entendre tout ce que Hope a à me dire. On fait ce qu’elle dit même si ce sont des petits détails qui vont prendre du temps pour rien. Les échecs et les réussites sont faits de petits détails dans ce champs encore récent de la médecine.
  • On arrête de se fixer des limites comme si on était fertile et en bonne santé et qu’avoir un bébé ne dépendait que de nous: la limite du jour de mes 31 ans pour le dernier bébé doit se transformer en « à la fin des mes IAC et de mes FIV ». Le don pour moi n’est pas une option (car j’aurais l’impression de « voler » des ovocytes aux couples qui ont encore les bras vides) donc le parcours s’arrêtera là et ne prendra donc pas 10 ans (j’ai déjà un énorme doute en écrivant ces lignes …).
  • Je ne dois pas mettre ma vie entre parenthèses pour la PMA (parce qu’on ne sait pas combien de temps ca va durer): donc on se sort les doigts et on profite du placard au boulot pour bosser les concours. Vraiment. On ne s’arrête pas en cours de route en disant que de toute manière on y arrivera jamais. On suit les préceptes de Sheryl Sandberg sur les femmes au travail: ne pas anticiper les difficultés d’organisation avant qu’elles ne se présentent vraiment. Oser.

PS: j’avais évoqué « la prémonition » d’une collègue, peut être qu’elle a vraiment le nez finalement, le dernier mettra du temps. Son dernier pressentiment en date concernait ma carrière: « vous avez un avenir professionnel brillant Lananoutte, mais pas ici, pas dans cette ville. Surtout battez vous pour partir d’ici ».
J’hésite: soit elle a une connaissance sans faille de la nature humaine et elle peut pas des petites pichenettes discrètes nous orienter dans une direction, ou alors elle a vraiment un don et bordel que je n’aime pas le déterminisme (coucou Bourdieu).